12 avril 2016
De Binic à Roscoff • 226 km (total 2121 km)
À Perros-Guirec, «La Petite» franchit le cap des 2000 km.
Nous trouvons notre “témoin” dans une station service où nous faisons le plein. Marie-Christine Le Charpentier brandit fièrement le symbole de notre périple.
«La Petite» suit la côte de granit rose entre Ploumanach et Trébeurden (où j’ai plongé en 1993)
Les paysages marins sont absolument magnifiques !
Nous cherchons, en vain, un logement pour la nuit dans la Baie de Morlaix. C’est également là que notre démarreur nous lâche définitivement (je m’y attendais depuis longtemps)
Recherche désespérée d’une chambre pour la nuit. Rien à Carantec. Rien à St.Pol-de-Léon. À chaque fois, je me gare en haut d’une pente pour pouvoir redémarrer facilement. Vers 10h du soir, exténués, nous trouvons enfin une chambre à Roscoff.
13 avril 2016
De Roscoff à Logonna Daoulas • 80 km (total 2201 km)
Roscoff… La première station de biologie marine fondée par Henri de Lacaze-Duthiers, avant celle de Banyuls. En 1972, j’y ai effectué un stage avec le Professeur Jan Stock, mon futur patron de thèse. Mais hélas! pas le temps de faire du tourisme. On a un sérieux problème mécanique à résoudre ! Grâce au conseil de notre hôtelier à Roscoff, nous nous dirigeons vers Saint-Pol-de-Léon, où se trouve, bonheur du hasard, un garage spécialisé dans la restauration de voitures anciennes :
Ils veulent bien s’occuper du démarreur de «La Pretite», mais pas avant l’après-midi. Ce qui nous condamne à passer la journée à Saint-Pol. Nous commençons par visiter la chapelle Notre-Dame du Kreisker. Marie-Xavier semble bien “méditative”…
Nous trouvons refuge dans une grande librairie avec un petit salon de thé très cosy, où nous nous réchauffons et passons le temps à lire et à travailler les photos des jours passés.
Puis, après avoir déjeuné avec galette et cidre bretons, c’est la visite de la cathédrale Saint-Paul-Aurélien de Saint-Pol-de-Léon.
Nous admirons l’orgue
et les magnifiques vitraux
Il y a également le rétable du Rosaire (XVIIème siècle). Le tableau (acquis par la congrégation du Rosaire, fondée en 1643) représente Marie et Jean-Baptiste suppliant le Christ en faveur de saint Pol, avec au bas, une image de la ville de Saint-Pol-(de Léon) au XVIIème siècle.
Une grande curiosité se trouve dans le déambulatoire derrière une grille : un ensemble de 34 « boîtes à chef » en bois, contenant le crâne de défunts. Cet ensemble porte le nom poétique des Étagères de la Nuit. Peintes en noir, bleu ou blanc, avec le nom du mort, elles rappellent la coutume, en usage jusqu’au xixe siècle, qui consistait à exhumer les squelettes au bout de cinq ans pour faire place aux nouveaux défunts. On déposait en bon ordre les os dans le charnier et les crânes étaient enfermés dans des petites boîtes percées d’une ouverture puis remis aux familles.
16 heures. Retour au garage. Le jeune (20 ans) mécanicien qui s’occupe de «La Petite», Benjamin Créach, vient de finir d’adapter un lanceur au démarreur et est sur le point de remonter l’ensemble.
Pendant qu’il finit son travail, je m’occupe du filtre du carburateur, parce que le sifflement est revenu. J’en profite pour changer de filtre et en mettre un tout propre. C’est seulement en fin de journée que nous pouvons reprendre la route. Au lieu de faire comme prévu : St.Pol-de-Léon à Brest par la côte nord, pour gagner du temps, nous coupons directement vers Logonna-Daoulas par Landerneau. Tant pis si nous ne nous tenons pas à 100% à notre cahier des charges auto-imposé de coller aux côtes et aux frontières…
Le sifflement est toujours là ! Ce n’est donc pas le filtre… En bord de route, j’inspecte le tout et j’étudie la question. Ça y est ! Trouvé ! La prise d’air n’est pas au niveau de la fixation du filtre (flèche rouge), mais au niveau de la fixation du carburateur lui-même (flèche verte). Je resserre les boulons en question, et le sifflement a disparu !
À Logonna-Daoulas, nous nous installons dans la très belle chambre d’hôte «Domaine de Moulin Mer»
Le domaine tient son nom d’un moulin à mer situé en bordure nord de la rivière du Camfrout, établi à l’entrée d’une grande anse transformée en étang par la construction d’une digue d’environ cent mètres de long, surmontée d’une chaussée. En période de vives eaux, la marée est canalisée par une entrée aménagée en pierres de taille le long du pignon sud de la bâtisse, l’eau étant retenue dans l’étang par une lourde porte de bois à deux battants qui se referme au début de la descendante. L’histoire mouvementée de ce moulin à marées est trop longue pour être racontée ici.
Quelques aigrettes pêchent dans l’étang.
Retour à notre chambre d’hôte. Dans le parc, riche en plantes et arbres exotiques, des meubles de jardin m’inspirent quelques photos. Celle-ci pourrait s’intituler «Les joueurs de cartes» :
Et la dernière, «Le vieux couple» :
Le vieux couple que nous sommes remonte dans sa chambre. Nous nous glissons voluptueusement entre les draps. La journée a été longue et éprouvante. Nous nous endormons en paix.
14 avril 2016
De Logonna Daoulas à la Baie des Trépassés • 176 km (total 2377 km)
Une fois de plus, nous repartons sous la pluie. On s’arrête au Faou.
Nous y retrouvons Philippe, le caméraman de FR3 Côte d’Opale qui nous avait filmé il y a une semaine, et Cécile, son épouse. Sympa, de se retrouver comme ça, dans un lieu totalement différent.
Petit arrêt au pont en courbe de Térénez. La pluie et un vent violent s’abattent sur «La Petite»…
Par les petites routes, nous atteignons la Rade de Brest.
Le cimetière des bateaux du Fret m’inspire pour faire un peu de «noir-et-blanc»…
Et pourquoi pas, pendant qu’on y est, un peu de sépia des années cinquante, comme au bon vieux temps de la 4CV ?
À Roscanvel, en route pour la Pointe des Espagnols, une maison qui s’appelle «Belle Vue». Appellation étonnante, étant donné la configuration actuelle du bâtiment !
Sur le port de Camaret, visite rapide de la tour polygonale Vauban, haute de 18 mètres. Tracée en 1689 par Vauban, la construction supervisée par l’ingénieur Jean-Pierre Traverse a débuté en 1693 pour s’achever en 1696.
Et puis, là aussi, il y a les épaves de bateaux…
En 1954, MX (Marie-Xavier) avait8 ans (ce n’est pas un secret d’État !)
À Pentrez, un ballet de chars à voile.
La descente sur Douarnenez par la petite route côtière est surprenante : du 20% ! Les freins sont sollicités !
Toujours à Douarnenez, visite rapide du port-musée. J’aurais pu y passer une journée !
En fin d’après-midi, nous arrivons au Cap Sizun. Voici deux vieux moulins restaurés à Trouguer.
Souvenirs, souvenirs… En 1988, je suis venu ici, à la Pointe du Van, pour plonger avec un dauphin appelé Jean-Louis, qui avait élu domicile dans la petite anse de Vorlen. J’avais dressé ma petite tente derrière le bar «Au Pilleur d’Épaves» ! Nous nous installons à l’Hôtel de la Baie des Trépassés :
Nous repartons immédiatement pour la Pointe du Raz pour atteindre la (presque) extrémité Ouest de la France.
Pour «La Petite», l’aventure s’arrête 48°05’39 » N et 4°03’44 » O. Mais à pied nous arrivons à l’extrémité de la pointe : 4°44’27 » ouest. Avec une vue sur le phare de la Vielle…
…et les vagues de l’Atlantique qui viennent se fracasser sur les rochers.
Nous retournons à la Baie des Trépassés :
En tournant le dos à la mer, vue sur les façades blanches lieu-dit Kerloch :
Depuis la plage, vue sur le phare de La Vieille et la balise de La Plate :
Et pour finir, depuis notre table de restaurant, vue sur mer pour terminer la journée…
15 avril 2016
De la Baie des Trépassés à Manémeur • 188 km (total 2565 km)
Le matin, un vent très fort souffle sur la Baie des Trépassés.
Nous longeons la côte vers le sud
La mer est démontée
Des marécages bordent la route
À Keristenvet, un vieux four à pain…
…et une petite ferme.
Le bord de mer à nouveau
Des mouettes au ras des vagues qui se fracassent contre un brise-lames
Les ruines de l’église de Languidou (12ème-16ème siècle)
Et l’église Saint-Fiacre à Lesconil
«La Petite» rend hommage au menhir du Reun…
…et soudain, c’est une évidence : «La Petite» a dû être livreuse de menhirs dans une vie antérieure ! Son capot porte les mêmes rayures que le pantalon d’Obélix !
De toute façon, c’est clair qu’on n’est pas en France ici, mais en Bretagne :
À midi, à Concarneau, arrêt dans un restaurant avec WiFi dans une (vaine) tentative de rattraper mon retard sur le blog. Mais mon ordinateur montre de sérieux problèmes de fatigue. Après les problèmes de mécanique, les problèmes d’informatique. Je décide d’aller voir un spécialiste. Je suis reçu par Tanguy, qui lâche plusieurs programmes de nettoyage sur mon MacBookPro. Ça devrait aller maintenant ! Mais, ne fois de plus, nous avons perdu du temps. Nous fonçons direction Carnac et nous nous arrêtons dans une chaleureuse chambre d’hôtes à Manémeur.
16 avril 2016
De Manémeur à Saint-Molf • 166 km (total 2731 km)
Dès les premiers kilomètres, nous sommes entourés du passé préhistorique breton. Partout des alignements de menhirs, datant de 3500 à 4000 ans avant notre ère. Jusqu’à ce jour, leur signification demeure un mystère. «La Petite» aborde d’abord le site d’Erdeven.
Ensuite, ce sera le site géant de Carnac, le plus impressionnant, avec près de 4 000 pierres levées.
Le plus bel ensemble est celui de Kermario :
Nous rendons visite à notre amie Ivanka, ancien membre de la résistance tchèque et co-signataire de la Charte 77, ancien victime de la police d’État, emprisonnée puis expulsée de son pays. Réfugiée en France, elle a fini par s’établir au Bono, où elle a épousé le photographe Jean-Vincent Lefeuvre, que nous avions rencontré à Cracovie. Après avoir déjeuné avec elle, nous nous remettons en route. Partout, des champs de colza égayent le paysage.
À Billion, près d’Ambon dans le Morbihan, se dresse un magnifique moulin-tour, datant de 1746.
En fin d’après-midi, nous avons rendez-vous avec Daniel et Marie-Claude Guihard et leur 4CV, qui nous attendent au barrage d’Arzal près de la Roche Bernard. Leur 4CV , bien qu’un peu plus ancienne (1955), est vraiment la sœur jumelle de notre «Petite» ! Nous faisons ensemble un petit tour dans la Grande Brière, pour faire quelques photos.
Bien entendu, les deux «Petites» doivent être immortalisées également dans ce cadre idyllique !
Puis, nous sommes royalement accueillis chez ce couple charmant, anciens garagistes Renault (!) et grands voyageurs. Autour d’une table généreuse, nous discutons du monde jusqu’à minuit. C’est ce que j’aime dans ces voyages : des rencontres inattendues avec des personnes passionnantes, tout cela grâce à la 4CV.
17 avril 2016
De Saint-Molf à Saint-Herblain • 188 km (total 2919 km)
Daniel et Marie-Claude nous accompagnent jusqu’à Saint-Nazaire. Marie-Xavier monte dans la 4CV de Daniel, Marie-Claude dans «La Petite». Elle s’avère être une excellente «GPS» ! Premier arrêt-photo à Piniac-sur-Mer.
Puis, c’est le tour aux marais salants de la presqu’île de Guérande, qui se trouvent entre les communes de Guérande, Batz-sur-Mer, Le Croisic et La Turballe.
Nous reprenons la route vers le port de Saint-Nazaire, avec ses anciens abris pour les sous-marins (U-Boote) allemands. Décidément, le béton nazi était fait non seulement pour résister aux bombes alliées, mais aussi au temps !
Vue des deux 4CV du haut d’une des fortifications allemandes :
Notre couple sympathique retourne vers le nord, alors que nous descendons vers Les Moutiers-en-Retz, où nous avons rendez-vous avec trois amies dans un restaurant au Port du Collet. De nombreux pontons pour la pêche au «carrelet» bordent la plage.
Marie-Xavier retrouve avec émotion son ancienne amie d’études Patricia.
Après un bon repas de la mer et une petite promenade aux carrelets, nous rebroussons chemin vers Saint-Nazaire. À Saint-Brevin-les-Pins, nous admirons le «Serpent d’Océan», œuvre de l’artiste Huang Yong Ping, représentant un long (130 m !) squelette de serpent de mer.
Nous en profitons pour faire un “selfie” collectif. De g. à dr.: Marie-Xavier, Laure, Marie-Anne, Patricia et moi.
Nous disons au-revoir à Laure et Marie-Anne, et nous dirigeons vers Saint-Herblain. MX monte dans la voiture de Patricia, je suis avec «La Petite». Nous traversons la Loire avec le bac qui relie Le Pellerin à Couëron.
À Couëron, la Tour de Plomb, qui servait autrefois à produire, de manière industrielle la grenaille de plomb destinée aux cartouches de chasse.
Juste en face, une étonnante maison, effondrée dans le fleuve. En fait, il s’agit d’une œuvre d’art, la «Maison flottante» de l’artiste nantais Jean-Luc Courcoult !
18 avril 2016
De Saint-Herblain aux Portes-en-Ré • 269 km (total 3188 km)
Eh oui, on a franchi les 3000 km aujourd’hui. Pour voir la suite, cliquer ici !